NORMANDIE - EURE NORD OUEST

RÉGION DE MONTFORT-SUR-RISLE

VESTIGES DU CHÂTEAU : splendeur et chute d'une sentinelle médiévale...

Bien que ses origines fassent débat, cette forteresse stratégique du XIe siècle fut renforcée au XIIe siècle par l’ajout d’un donjon et de tours défensives. Dominant la vallée à 100 mètres de hauteur, l’imposant édifice surveillait alors les voies de communication régionales. Sa structure est exceptionnelle : une haute cour de 3 600 m² protégée par sept tours et des murailles de deux mètres d’épaisseur, le tout ceinturé de fossés profonds. Cependant, sa splendeur fut de courte durée. Au XIIIe siècle, le roi d’Angleterre s’empara du site et orchestra sa destruction systématique. Murailles démantelées, tours abattues et donjon étêté transformèrent définitivement ce joyau militaire en un champ de ruines.

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ÉGLISE : le trésor de sainte Anne et la légende de la pierre incoulable...

Édifiée au XIe siècle par les seigneurs locaux, cette église médiévale conserve des vestiges de son chevet originel. Son architecture a évolué au fil des siècles : le XIIIe siècle a vu l’ajout d’une tour beffroi contre le chœur, tandis que la nef et le chœur ont bénéficié d’une reconstruction partielle au milieu du XVIIIe siècle. Au-delà de son histoire architecturale, l’édifice abrite un trésor artistique majeur : une statue en bois du XVe siècle. Cette œuvre remarquable illustre l’iconographie de la « Trinité sainte », représentant ensemble Sainte-Anne, la Vierge Marie et l’enfant Jésus. Ce monument témoigne ainsi de sept siècles de transformations et de piété.

Parti en Terre sainte, un seigneur se laisse convaincre par des médisances à son retour : son épouse l’aurait trahi. Aveuglé par la fureur, il condamne l’innocente à la noyade, une pierre attachée au cou. Face à la mort, la dame invoque la protection de la Vierge. Le miracle s’accomplit : la victime et son fardeau flottent miraculeusement sur l’onde. Confondu par cette preuve divine, le mari repentant fait enchâsser la pierre dans le mur de l’église, aux pieds de Notre-Dame, en témoignage éternel de la vertu de sa femme et de la grâce reçue.

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FERME-MANOIR : du colombier fortifié aux bateaux gravés...

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Ce site historique est une exceptionnelle ferme-manoir fortifiée dont les bases remontent au XIVe siècle. Sa structure actuelle, érigée vers 1570, se distingue par une cour fermée mêlant brique et pierre de taille. Le colombier de 1581 est unique car il abrite 1.300 boulins tout en servant de poste défensif grâce à des canonnières. Au XVIIIe siècle, le domaine devient une exploitation agricole avec de vastes granges en chaume et pans de bois. Ces bâtiments monumentaux conservent des graffitis anciens gravés dans le torchis, tels que des dessins de bateaux et des dates, illustrant la vie près de la Seine.

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ÉGLISE : le saint au gril et le céphalophore...

Cette église, érigée initialement au XIIe siècle, conserve des éléments romans comme le mur nord de la nef et le chevet, malgré des remaniements au XVIe siècle. Les murs présentent un décor régional en damier de silex et de calcaire. L’intérieur abrite des fonts baptismaux remarquables du XVIe siècle, ainsi que des statues des XVIe et XVIIe siècles, dont un céphalophore. Des traces de peintures murales et un plafond lambrissé agrémentent l’édifice. Le chœur contient également un gisant du XVe siècle représentant saint Laurent sur un gril. Le porche tordu renferme une statue de saint Benoît (1,60 m). Un pèlerinage annuel s’y tient pour implorer sa protection pour le bétail et la maison contre le « mal fait ».

Laurent était un diacre à Rome au IIIe siècle, sous l’empereur Valérien. Quand le préfet exigea qu’il livre les trésors de l’Église, Laurent rassembla les pauvres, les infirmes et les orphelins, déclarant : « Voici nos vrais trésors ». Furieux de cet affront, le préfet le condamna au martyre sur un gril ardent. La légende raconte qu’au milieu des flammes, Laurent conserva un courage et un humour défiant toute épreuve. Il aurait lancé à ses bourreaux : « C’est bien cuit de ce côté, retournez-moi ! » Il devint ainsi le saint patron des cuisiniers et des humoristes.

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ÉGLISE : le message caché du rébus de pierre...

L’église, érigée au XIIIe siècle, a été partiellement reconstruite après la guerre de Cent Ans. Sa tour-clocher en brique est plus récente, datant du XIXe siècle. La façade sud se distingue par une maçonnerie remarquable alternant pierres blanches et silex noirs taillés. C’est sur ce mur que l’on découvre plusieurs motifs sculptés du XVIe siècle représentant des animaux ou des figures humaines, réalisés grâce à de petits silex incrustés dans les pierres blanches. Un rébus étonnant y est également visible, souvent interprété comme une critique de l’injustice du monde ou de la corruption du monde chrétien. De plus, de nombreux graffitis anciens (croix, cadrans, animaux, datant des XVIIe et XVIIIe siècles) ornent le bas des murs (fermée ce jour-là).

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ANCIENNE ABBAYE : les mystérieux graffitis du vieux prieuré...

Le prieuré, fondé au XIe siècle par l’abbaye du Bec-Hellouin, est un modèle d’architecture romane normande. Son église, restée intacte, se caractérise par une nef sobre et un chœur à abside semi-circulaire. Le site est particulièrement réputé pour ses graffitis anciens (navires, croix) gravés dans le calcaire, témoins précieux du passage des fidèles. À l’extérieur, l’ensemble conserve son logis prieural et des bâtiments agricoles, formant un complexe monastique rural cohérent. Ce lieu paisible de la vallée de la Risle allie puissance architecturale médiévale et finesse des décors populaires gravés dans la pierre (fermé ce jour-là).

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